Notre manifeste

Pour les médias est une communauté francophone de professionnel·les de l’information, fondée sur le partage des savoirs et la coopération entre pairs.

Pourquoi

Depuis vingt ans, les moteurs de recherche, les plateformes sociales puis l’intelligence artificielle se sont interposés entre les médias et leurs publics. Le lien direct avec les audiences s’est distendu, et les modèles économiques sont sans cesse remis en cause.

Dans le même temps, la liberté d’informer se fragilise, en France comme en Europe. Aucune rédaction n’échappe à ces bouleversements, petite ou grande, imprimée, audiovisuelle ou numérique. Pourtant, chacune y fait face, le plus souvent, seule.

La communauté Pour les médias est née de ce constat : réunir celles et ceux qui affrontent les mêmes questions au même moment, pour chercher ensemble des solutions.

Mettre nos expériences en commun, c’est déjà reprendre la main.

Ce que nous proposons à nos membres

De la veille, pour comprendre les outils, les usages et les modèles qui transforment le secteur, avec une vision produit où l’éditorial, le design, le marketing et la tech dialoguent.

Un espace d’entraide, pour poser nos questions, partager ce qui marche et ce qui échoue, et oser dire nos doutes : la vulnérabilité devient une force quand elle se partage en confiance.

Des annonces de jobs pour tous les niveaux de séniorité, publiées avec un périmètre et un salaire explicites, que vous cherchiez un nouveau poste ou que vous construisiez votre équipe.

Une règle simple : chacun·e retire de la communauté ce qu’il ou elle y apporte.

Qui nous sommes

Pour les médias est née de la rencontre de deux histoires.

Celle de Marion Wyss, cofondatrice d’Audiencers, communauté internationale consacrée aux stratégies d’audience et de revenus des médias qui a réuni plus de 15 000 membres dont 3 500 professionnel·les francophones. Désormais indépendante, Marion met son réseau et son expertise au service d’un projet à but non lucratif.

Celle de Marine Doux et Baptiste Thevelein, qui accompagnent depuis dix ans des médias indépendants, émergents comme installés. Médianes, le média, le studio et le réseau qu’ils ont cofondé, est suivi par plus de 6 000 lecteurs et lectrices à travers ses newsletters. Il a accompagné plus de 150 médias et organisations, et coordonne depuis 2024 Sphera, un réseau de médias indépendants en Europe.

Le secteur aborde une période d’échéances décisives. Plutôt que de faire coexister des communautés aux objectifs voisins, nous avons choisi de les réunir. Pour les médias est une association à but non lucratif, que nous portons ensemble avec plaisir et conviction.

Nos adversaires ne sont pas les autres médias

L’information traverse, une fois encore, une crise profonde. Les modèles économiques vacillent, les équipes s’épuisent, la confiance des publics s’érode. Les menaces qui pèsent sur un média viennent pourtant rarement de ses concurrents directs. Après avoir capté la distribution de l’information, les grandes plateformes la court-circuitent : les publics y accèdent désormais sans passer par celles et ceux qui la produisent. S’y ajoutent la désinformation et les contenus qui imitent l’information sans en partager l’exigence.

Coopérer n’efface ni nos identités ni nos intérêts propres. Mais face à ces défis, ce qui nous rassemble l’emporte sur ce qui nous distingue. Pour les médias veut être un trait d’union.

Ce qui nous rassemble

L’information est un bien commun

Elle mérite d’être financée sur des bases saines, produite dans de bonnes conditions et diffusée sans dépendre du bon vouloir des plateformes.

Le journalisme au cœur

Nous pensons les médias comme des produits, où l’éditorial, le design, le marketing et la tech dialoguent, et nous en sommes fiers. Mais tout cela n’a de sens qu’au service de ce qui fait la valeur d’un média : un journalisme rigoureux, vérifié, honnête sur ses méthodes. Les outils, les formats et les modèles évoluent ; cette exigence, elle, se défend.

Le lien direct avec les publics

Les médias qui durent sont ceux qui connaissent les personnes qui les lisent, les écoutent ou les regardent, et qui construisent avec elles une relation sans intermédiaire.

Garder la main sur nos outils

Derrière les outils d’un média se jouent sa diffusion, ses revenus, ses archives et les données de ses publics. Nous croyons à la souveraineté technologique, c’est-à-dire à la capacité de connaître ses dépendances et de pouvoir en changer : une dépendance acceptable est une dépendance réversible. Nous ne sommes ni technophobes ni technophiles, IA comprise : la question n’est pas d’adopter ou de rejeter un outil par principe, mais de savoir à qui il appartient et ce qui se passe s’il est coupé demain. Et plutôt que d’attendre un nouveau géant, nous préférons coopérer, mutualiser et faire vivre des outils ouverts, à l’échelle européenne.

Par et pour les médias

Les meilleures solutions naissent de celles et ceux qui font les médias au quotidien, et qui en connaissent les contraintes de l’intérieur. Personne ici n’est l’oracle des médias : les bonnes idées viennent des rédactions historiques comme des médias émergents, des créateurs et créatrices comme des équipes produit ou tech. Notre conviction, c’est qu’elles gagnent à circuler entre nous, et que s’entraider, c’est aider chacun·e à trouver ses propres réponses plutôt qu’à dépendre de celles des autres.

Des organisations qui tiennent

Prendre soin des équipes n’est pas un luxe réservé aux jours meilleurs. Respecter le droit du travail est un minimum, pas un horizon. Tout travail mérite salaire, et la visibilité n’est pas un moyen de paiement. Un engagement qui abîme celles et ceux qui le portent finit toujours par affaiblir l’information qu’ils produisent.

Pour qui

Pour les médias s’adresse à toutes celles et ceux qui font l’information francophone, quels que soient leur métier, leur structure ou leur ancienneté, du premier stage à la direction. Cela inclut les journalistes, les éditeur·ices, les équipes audience, produit, tech, marketing ou développement, et les créateur·ices d’information. Ici, ce sont des personnes qui se parlent, non des structures qui se représentent. Nul besoin de se sentir légitime : se poser ces questions suffit.

L’accès est gratuit, par choix : la coopération ne doit pas dépendre des moyens de chacun·e. Chaque demande d’adhésion est néanmoins examinée, afin de préserver un espace de confiance entre professionnel·les.

Nous lançons la communauté sur WhatsApp, propriété de Meta, et mesurons la contradiction avec les principes énoncés plus haut. Ce choix est pragmatique : c’est là qu’échangeait déjà la communauté francophone d’Audiencers, que Marion avait construite. Trouver une alternative plus souveraine sera l’un de nos premiers chantiers communs.

Ce texte n’a rien de définitif. Il évoluera avec la communauté, au gré de ses idées et de ses désaccords, qui sont les bienvenus. Vous pouvez nous écrire ici.

— Marion Wyss, Marine Doux et Baptiste Thevelein, cofondateur·ices de Pour les médias